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Pendant des années je me suis posé la question « Qui suis-je vraiment?

« Décide-toi ! Tu es acteur ou journaliste ? Ecrivain ou homme d’affaires ? Quel rapport entre écrire des livres et tenir un magasin ? Quel rapport entre des interviews et le jeu? », « Tu ne te focalises pas!!! », « Pourquoi est-ce que tu ne te focalises pas ? », « Tu improvises ». « On ne peut pas faire et ça et ça ». J’ai entendu à l’infini des théories et des explications savantes de la part des personnes de l’Ancien Monde (ceux qui travaillent 20 ans dans le même endroit) sur le vaste Nouveau Monde dans lequel j’étais né. Un monde dans lequel on peut faire ça et ça. Et même ça.
Une fois, un impresario qui m’a représenté pendant un temps très bref, m’a expliqué que je devais faire attention à mon image de marque. Il m’a dit que je n’étais «pas assez clair pour les autres ». Je lui ai répondu que « je n’étais pas une bouteille de Coca ou une tablette de chocolat » et que je renonçai à l’image de marque. J’ai aussi par la même occasion renoncé à ses services.
Pendant des années, je bégayais devant ceux qui me demandaient ce que je faisais vraiment. Acteur ? Ah non. C’était un titre trop important qui revient à des gens comme Moshé Ivgi ou Sasson Gabaï qui font ça toute la journée. Écrivain ? A. B Yeoshua – c’est un écrivain, Grossman aussi, Ram Oren, pour les amateurs de romans faciles. Moi ? Je n’en suis qu’à mes débuts (bien que mon sixième livre vienne de paraître). Journaliste ? Plutôt intervieweur. Homme d’affaires ? Pas vraiment. Mais j’aime bien entreprendre et j’aime l’entreprenariat.

Une fois, il y a longtemps, on m’a proposé un contrat fort lucratif dans un grand journal. La proposition était très tentante. Mais il y avait une condition : je devais absolument renoncer à toute activité qui n’était pas liée à ce journal. Après quelques nuits d’insomnie, j’ai décidé de signer le contrat. J’avais 28 ans et l’argent m’aveuglait. Deux mois plus tard, une épreuve se présenta sous la forme d’une proposition d’un travail pour la télévision. Le journal refusait que j’aie une activité à la télévision (bien que j’aie déjà un riche passé au petit écran). Nous nous sommes disputés, nous nous sommes menacés, nous nous sommes raccommodés et j’ai fini par démissionner. Je sentais que je ne pouvais pas me vendre pour de l’argent. Que je devais faire TOUT ce que j’aimais faire. Qu’une chose enrichissait l’autre. Ce fut pour moi une leçon pour la vie.
Ces dernières années, j’entends de moins en moins la question « Alors qui es-tu en fait ? ». J’ai l’impression que les gens commencent à comprendre. Que mon obstination à croire que « On peut tout faire » a porté ses fruits. Et ceux qui s’entêtent tout de même à avoir une réponse, en reçoivent une très brève : « Je travaille à réaliser mes rêves ». Oui, c’est ce que je suis. Le réalisateur de mes rêves personnels.

Jeune adolescent, je ne savais pas exactement ce que je voulais faire plus tard (bien qu’une fois j’ai pensé être pompier) mais j’avais un rêve très clair : « quand je serai grand, j’aurais un agenda dans lequel je noterais mon emploi du temps. Chaque jour serait complètement différent de la veille ». C’est comme ça que je vis. Chaque jour semble différent. J’ai des jours plus chargés et des jours qui le sont beaucoup moins. Je fais ça et ça et ça et je fais même la sieste l’après-midi. Tous les jours. J’ai des livres, j’ai des magazines, je joue, je donne des conférences, j’enseigne et j’interviewe. J’ai 39 ans, j’ai une petite fille adorable de sept ans et demi qui s’appelle Shira et une autre petite fille extraordinaire qui s’appelle Noga et qui a deux ans et demi.

Pendant longtemps, j’ai joué avec l’idée d’avoir un site Internet dans lequel je pourrais réunir tout ce que je fais. Renoncer à tous mes sites et blogues dispersés sur la Toile et les concentrer sous un même toit. Surtout pour tous ceux qui s’entêtent à me demander « Alors qui es-tu en fait » ? Ou simplement pour ceux qui veulent me connaître un peu plus. Vous êtes invités à cliquer sur l’onglet Newsletter et à rejoindre le cercle de mes amis.

.Je suis Yuval Abramovitz, mais vous pouvez m’appeler Yuvi

Yuval Abramovitch by Gal Hermoni -0022 F