webbbbVous avez un rêve ? Il est temps de le réaliser ! Tout ce dont vous avez besoin, c’est d’une feuille de papier, d’un crayon… et de ce livre.

Yuval Abramovitz a bien failli finir sa vie dans un fauteuil roulant, suite à un stupide accident alors qu’il n’avait pas 17 ans. Pendant son interminable immobilisation, il dresse l’inventaire de ses rêves (de « préparer le bac option théâtre » à « escalader la muraille de Chine »…) sur un cahier qu’il intitule « La Liste ». Après avoir rempli 2 pages, il va noircir les suivantes – pour le 2e, puis la 3e, la 4e décennie de son existence –, jusqu’à tenir entre ses mains un volume entier de projets, d’envies et d’objectifs à accomplir.

Malgré les prévisions des médecins, Yuval  remarche : il est convaincu que c’est grâce à La Liste. Car, dit-il, « avec en horizon un objectif clair, nul chemin n’est trop long ni impossible » !

À la fois témoignage, recueil de milliers d’histoires, cet ouvrage est surtout un guide pratique pour réussir à dresser la liste de nos rêves… et les réaliser ! Une boîte à outils et une invitation à se lancer.

Ne rêvez plus : agissez !

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LA LISTE

qui m’a sauvé

J’avais 16 ans le jour où ma vie a pris fin. Du moins, telle que je l’avais connue jusque-là. Un accident a bouleversé ma vision du monde de fond en comble.

À cette époque, je travaillais comme homme à tout faire dans un restaurant : j’étais chargé de débarrasser les tables et de les nettoyer.

Pendant l’un de mes services, à la fin duquel j’espérais glaner quelques pourboires substantiels à même de gonfler les maigres économies qui devaient financer mon permis de conduire, l’achat de vêtements et de CD, le chef m’a demandé de lui rapporter de la réserve un lourd bidon de conserves de cornichons au vinaigre.

Du restaurant, spacieux et bondé, jusqu’à la réserve (où étaient entreposés des condiments, des desserts et la viande dans des congélateurs), je devais traverser un vaste parking. Avec le temps, une flaque très glissante s’était formée sur le sol : un piège poisseux formé par un mélange d’huile de moteur, d’eaux usées grasses et de produits détergents évacués en fin de journée sur l’asphalte bétonné.

Deux semaines auparavant, le patron du restaurant avait glissé sur cette flaque et s’était fracturé le poignet. Animé d’un sens aigu de la responsabilité, je lui avais suggéré d’installer une passerelle en bois sur le parking pour permettre aux clients d’éviter le sol détrempé, de regagner leurs véhicules en toute sécurité, et d’empêcher ainsi d’autres accidents. Il avait préféré ignorer le conseil d’un tâcheron un brin casse-pieds.

Deux semaines plus tard, c’est moi qui glissais sur cette flaque et, en un millième de seconde, retombais violemment sur une plaque d’égout. Le bidon m’a échappé des mains, le couvercle a sauté, et les cornichons se sont répandus un peu partout.

Aujourd’hui encore, je peux entendre le bruit de mon crâne heurtant le sol glacé et revoir le mouvement de ma tête en partie arrachée et de mon cerveau ballotté de droite à gauche, telle une balle de ping-pong. Le coup sur ma nuque ensanglantée était si douloureux que je n’ai pas senti le choc, au même moment, au bas de mon dos.

Les clients et les employés du restaurant se sont aussitôt précipités pour me relever, puis ont vérifié que j’étais encore conscient. Trois costauds m’ont empoigné, dirigés d’une main de maître par le patron, un bras toujours plâtré après sa propre glissade.

« Lève-toi, qu’on voie si tu es capable de marcher ! »

Inutile de préciser que j’en étais incapable. J’avais le vertige et j’ai vomi deux fois.

Quelques minutes plus tard, toutes sirènes hurlantes, une ambulance m’a transporté à l’hôpital où j’ai subi une série d’examens approfondis et des radiographies. J’ai déclaré au médecin des urgences que j’avais l’impression de ne plus sentir mes jambes. Mais, en l’absence de fracture aux jambes et de blessure à l’épine dorsale, on m’a renvoyé chez moi, avec cette recommandation : « Mettez-vous au lit sous une couverture chauffante, reposez-vous pendant trois jours, et ça va passer. »

L’urgentiste avait raison. Au bout de trois jours, la douleur a disparu, mais je ne sentais toujours pas mes jambes. J’étais paralysé.

J’ai essayé de me lever comme d’habitude – geste quotidien que nous effectuons sans même y penser – mais en vain. J’éprouvais une sensation bizarre. Plus d’une fois j’ai ordonné à mon cerveau de me « mettre sur mes pieds », mais il ne m’a pas obéi. J’ai pincé mes jambes : aucune sensation. Je les ai griffées : rien. J’ai enfoncé la pointe d’un stylo dans ma chair. La jambe saignait, mais je ne ressentais aucune douleur.

« Maman ! Je suis incapable de bouger… Je suis paralysé ! »

Ma mère s’est précipitée à mon chevet. « Essaie de te mettre debout ! Tes jambes sont sûrement engourdies ! » Elle tâchait de faire bonne figure, mais son regard affolé trahissait sa panique.

Elle s’est ruée dans la salle de bains et en a rapporté une pince à épiler, avec laquelle elle a pincé mes orteils, la plante de mes pieds, ma cheville, grimpant jusqu’à ma cuisse.

Aucun tressaillement !

En quelques minutes, je me suis retrouvé dans les bras d’un voisin compatissant qui m’a porté de mon lit à sa voiture, et tous trois nous avons foncé jusqu’à l’hôpital le plus proche. D’abord, on m’a dirigé aux urgences pour un premier diagnostic. Un médecin à la mine sévère a examiné mes jambes à l’aide d’un marteau à réflexes et a conclu que la droite était totalement paralysée et la gauche invalide à 60 %.

Le médecin suspectait une blessure à l’épine dorsale. Au bout de près de deux heures, après de nouveaux tests de réflexes, j’ai été acheminé au service de neurologie.

✔

Là, j’ai subi une batterie complète d’examens. À nouveau, des coups de marteau à réflexes, puis une décharge électrique le long des jambes (censée provoquer des démangeaisons) et, enfin, toute une série d’examens intrusifs pour évaluer l’ampleur de la paralysie.

Trois médecins, accompagnés d’internes intrigués, sont venus observer ce cas exceptionnel. Ils ont essayé de vérifier si la paralysie s’était propagée au-delà de mon bassin et avait affecté mon appareil génital. Non, aucun dommage de ce côté-là : tout fonctionnait – merci d’avoir posé la question…

Au bout d’une longue nuit d’examens, les médecins étaient toujours aussi perplexes. Comme les radios ne montraient pas de fracture de la colonne vertébrale, les blouses blanches n’avaient aucune explication précise à cette paralysie ; ils ne pouvaient présager quand mes jambes recommenceraient à fonctionner, si jamais j’en retrouvais l’usage… Tout au plus, ils ont réussi à repérer un léger déplacement des vertèbres inférieures.

J’ai été hospitalisé pendant presque deux mois, jusqu’au jour où les médecins ont conclu que mon séjour devenait inutile et que je devais retourner chez moi.

Retourner ? Plus exactement, revenir dans le fauteuil roulant dans lequel on m’avait installé pendant mon séjour à l’hôpital. Ce fauteuil, c’était mes nouvelles jambes.

A posteriori, j’ai compris que les médecins avaient mis à profit mon hospitalisation pour m’habituer au fauteuil roulant. Et à ma nouvelle vie. La vie d’un adolescent de 16 ans.

À un moment donné, j’ai senti que les médecins désespéraient de trouver un remède à mon état. Certes, jusqu’au jour de ma sortie, ils ont continué à stimuler mes jambes par des décharges électriques, dans l’espoir de découvrir un effet sur mon système nerveux ou une amélioration, mais il me semble qu’ils s’étaient facilement résignés à me laisser dans un fauteuil roulant et à avouer qu’ils passaient la main (et mes jambes…).

Je n’ai plus remis les pieds (!) à l’hôpital. Ni au collège. Élève de première, mon unique consolation était d’être exempté des devoirs à la maison et de ne plus potasser mes examens.

Très vite, mes activités sociales ont été transférées de la cour de récréation à ma petite chambre de la rue Zamenhof, à Bat-Yam. De huit heures du matin jusqu’à minuit, mes camarades de classe venaient me voir pour me remonter le moral.

Parfois, il y en avait près de vingt regroupés autour de mon fauteuil roulant ou de mon lit. Certains jours, nous étions d’humeur particulièrement joyeuse, nous regardions des films à la télé, nous cancanions sur le dos de la terre entière et nous nous sommes même livrés à une blague stupide : téléphoner à des inconnus.

Mais, à un certain stade, le désœuvrement et l’éloignement du collège m’ont pesé, et même l’affection qui m’entourait commençait à me gaver. Il fallait que je regarde la réalité en face : malgré mes tentatives, conscientes et inconscientes, de refouler mon invalidité, la vie quotidienne multipliait les piqûres de rappel…

Mes copains préparaient les tests de la préparation militaire, bûchaient leur bac, programmaient leurs vacances en Grèce, s’amourachaient – comme tous les jeunes de mon âge –, et leurs visites se raréfiaient. De mon côté, je baignais dans une atmosphère de maladie et de vieillesse : des soins physiothérapiques en compagnie de vieillards qui s’étaient brisé le col du fémur ou d’individus aux capacités physiologiques amoindries suite à une crise cardiaque. Pour couronner le tout, mon corps avait gonflé et était déformé par la cortisone.

Je n’avais pas imaginé profiter de ma jeunesse de cette façon.

Parfois, on me pose la question : Avez-­vous sombré dans la dépression, durant cette période ? Ma réponse est sans équivoque : Je n’ai pas eu le temps de me morfondre dans la dépression parce que j’étais trop occupé à préparer mon avenir.

Un jour, par pur ennui – mais, surtout, parce que j’espérais me remettre à marcher et parce que j’y croyais de tout mon cœur –, j’ai pris un ancien cahier d’école, je l’ai ouvert du côté inutilisé, je l’ai intitulé « La Liste » et j’ai commencé à écrire pour moi-­même : « Projets pour l’année à venir » :

✔ Préparer le bac, option « art dramatique ».

✔ Donner et recevoir mon premier baiser.

✔ Me faire offrir un ordinateur.

✔ Profiter de ma réclusion forcée pour écrire un livre.

✔ Visiter à nouveau Londres, cette fois, avec Grand-­père et Grand-­mère.

✔ Jouer dans une comédie musicale avant l’âge de 25 ans.

✔ Me promener sur la Grande Muraille de Chine vers l’âge de 30 ans (de préférence avec ma grand-­mère qui en a rêvé toute sa vie).

✔ Travailler dans un journal et signer ma propre chronique.

✔ Jouer dans une série télévisée (comme un de ces feuilletons américains que je regarde sur le câble).

✔ Créer une entreprise dans le domaine artistique.

En quelques minutes, la page s’est couverte de pattes de mouche, avec mes objectifs, tâches et rêves. Au début, j’ai essayé d’écrire en tenant compte de mon état physique mais, bien vite, je me suis laissé entraîner dans une liste illimitée et totalement désinhibée.

Après avoir rempli deux pages à l’horizon de mes 17 ans, j’en ai entamé une nouvelle jusqu’à l’âge de 18, puis de 19 ans. J’ai continué ainsi pour la troisième et la quatrième décennie de mon existence. En moins d’une semaine, mon cahier débordait de projets, de rêves et d’objectifs. Chaque fois que j’avais une nouvelle idée, je l’ajoutais au bas de la liste sous la rubrique d’âge adéquate. Par exemple, sur la page de mes 40 ans, j’ai noté : « Acquérir comptant un appartement. » Dès cette époque, je savais que l’hypothèque sur un crédit immobilier était insupportable et qu’il valait peut-­être mieux économiser d’abord la somme requise.

Dans trois ans, j’aurai 40 ans, et je continue à travailler dur pour réaliser l’objectif que je me suis fixé, il y a plus de vingt ans.

Un beau jour, l’une de mes professeures est venue me rendre visite. Elle a regardé mon cahier, intriguée par ce que j’avais bien pu écrire là-­dedans. En le lui tendant fièrement, je lui ai fait part de mon idée de « La Liste ». Elle a ouvert le cahier et en a lu à haute voix une partie.

Ma professeure a voulu savoir ce qui motivait chaque point de la liste, et plus je lui expliquais et me laissais divaguer, plus son léger sourire devenait de plus en plus triste. Je ne pouvais pas ignorer les larmes qui embuaient ses yeux bleus et, surtout, je me souviens aujourd’hui encore de l’expression de son visage qui trahissait sa pensée : « Mon pauvre enfant… Non seulement son épine dorsale a été atteinte, mais aussi son cerveau. Il est totalement coupé de la réalité… »

Tous ceux qui voulaient jeter un œil sur mon cahier affichaient la même mine déconfite. Ils n’y découvraient que les chimères d’un songe-­creux puéril, aveugle devant la réalité et bâtisseur de châteaux en Espagne – car n’importe quel être sensé doute qu’il soit possible de participer à une comédie musicale dans un fauteuil roulant (bien que la série télévisée Glee ait prouvé le contraire), de vadrouiller sur la Grande Muraille ou de s’envoler pour Londres. Même travailler comme journaliste exige mobilité et autonomie : mon ambition était irréaliste. Avec un handicap comme le mien, il va de soi qu’il est impossible d’être actif, de gagner sa vie, de créer une entreprise ou de payer comptant un appartement (de toute façon, il est déjà difficile d’en acquérir un avec deux jambes valides même en bossant comme un damné !). Mais, moi, je voulais croire que j’accomplirais tous ces rêves, coûte que coûte.

✔

En fin de compte, après une longue période de rééducation épuisante (elle a duré un an et demi et comportait des soins intensifs et douloureux) et au bout de milliers d’heures à ruminer dans mon fauteuil roulant pendant lesquelles je me voyais remis sur pieds, au propre comme au figuré, et même interviewé sur ma guérison, j’ai recommencé à marcher.

Cela n’avait rien d’un film hollywoodien dans lequel un blessé de guerre se lève de son fauteuil et retourne au combat en un rien de temps, grâce à un miracle. C’était un très long apprentissage, harassant et particulièrement frustrant. En chemin, j’ai dû supporter les regards apitoyés des passants devant le spectacle de mes amis poussant mon fauteuil roulant. Graduellement, au prix de mille épreuves, je suis passé du fauteuil roulant à un déambulateur de vieillard, dont les pieds étaient munis de balles de tennis pour éviter les glissades. Ensuite, j’ai progressé jusqu’à des béquilles avant de pouvoir enfin me tenir sur mes jambes.

Je n’oublierai jamais le jour où je suis sorti pour la première fois de chez moi pour rendre visite à un ami qui habitait à dix minutes de chez moi. C’était incroyablement bizarre. Je me revois arpenter ma ville natale, essayant de m’orienter en ligne droite mais, je ne sais pourquoi, avancer en zigzag. Mon cerveau avait besoin d’un certain délai pour fonctionner à nouveau et envoyer ses instructions à mes jambes.

J’ai frappé à la porte de mon ami, qui m’a ouvert, m’a pris dans ses bras et fait entrer, comme si de rien n’était. Au bout d’une minute, voyant que je me tenais debout, il a hurlé de joie.

Quand les médecins qui m’avaient traité ont été informés que je m’étais remis à marcher, ils n’ont pu expliquer le phénomène. Certains prétendaient qu’il s’agissait du symptôme dit du « pied tombant » ou « steppage » − une sorte de paralysie, parfois temporaire, due à la pression des vertèbres sur le système nerveux. D’aucuns allaient jusqu’à bredouiller : « Un miracle médical ! » Et d’autres encore préféraient croire aux bienfaits des huiles et des crèmes enduites sur mes jambes, voire aux amulettes dont des rabbins m’avaient gratifié et qui ornaient mon fauteuil.

D’une manière ou d’une autre, pendant les premiers jours du printemps – presque un an et demi après mon accident –, je suis revenu à la vie, en possession de tous mes moyens.

En l’absence d’explication médicale convaincante à ma guérison, j’ai adopté cette réponse personnelle que j’ai fournie à tous ceux qui m’interrogeaient :

✔ La liste de tous les rêves que je souhaitais accomplir

m’a permis de retrouver l’usage de mes jambes.

La liste m’a fixé des objectifs et

m’a insufflé l’espoir que rien

ne m’empêcherait de me remettre debout et de les réaliser.

 Ma liste m’a aidé à combattre le désespoir.

LE CADEAU

de ma vie

Lorsque je raconte l’histoire de mon accident à des inconnus, je me heurte le plus souvent à la même réaction : un mélange de stupeur et de pitié. De la pitié, parce que j’ai perdu près de deux années de ma jeunesse. De la stupeur, à cause des obstacles que j’ai dû surmonter, si jeune. Pour ma part, je souris à chaque fois et leur affirme que j’appréhende cette période de manière différente : elle a été, en fait, l’époque la plus heureuse de ma vie – j’ai réalisé le rêve ultime de tout collégien : sécher les cours, avoir une vie sociale particulièrement riche, me détendre en regardant la télé ou en lisant des livres et, par-dessus tout, rédiger des listes. Je disposais de ces nombreux mois pour préparer mon avenir, privilège dont peu d’individus bénéficient : le rythme de la vie et la surcharge d’activités nous empêchent, la plupart du temps, d’envisager ne serait-ce que notre lendemain.

Quand je jette un regard en arrière,

je qualifie ainsi cette période :

« le cadeau de ma vie ».

Ah bon, un cadeau ? Oui, parce que j’ai pu, dès mon jeune âge, saisir la précarité de la vie : le destin peut tout chambouler en quelques secondes. Juste avant de glisser sur cette flaque graisseuse, j’étais un adolescent dynamique, plein de projets personnels et professionnels en tête – et, une seconde plus tard, un invalide, à l’avenir en miettes.

Aujourd’hui, je sais que ce genre de lucidité survient relativement tard dans l’existence. Évidemment la maladie, les tragédies intimes et même la mort nous guettent tous, hélas, mais, du moment que la catastrophe nous a épargnés, nous oublions cette fragilité.

Parfois, nous passons à côté des leçons de lucidité que la vie nous offre. Ainsi, cette amie âgée de 45 ans, qui a souffert de deux cancers en dix ans. À chaque fois, la maladie la frappait cruellement et lui interdisait toute activité pendant de longs mois.

Or, même si, à mes yeux, cette femme avait connu la réussite et était appréciée dans son domaine, cela ne l’avait jamais comblée. Elle me donnait l’impression d’avoir oublié les épreuves qu’elle avait surmontées et que sa vie lui paraissait toujours inaccomplie, à force de regarder l’herbe dans le jardin du voisin et de comparer inutilement ses propres succès à ceux d’autrui. Si elle avait investi moins d’énergie à contempler leurs jardins et avait cultivé davantage ses propres parterres de fleurs, je n’ai aucun doute qu’aujourd’hui elle jouirait de sa propre forêt et, surtout, qu’elle serait plus heureuse.

Au cours d’une conversation, je lui ai lancé : « Tu as guéri deux fois du cancer ! Tu devrais en être heureuse ! » Elle écoutait mes propos sans être autrement convaincue. C’est ainsi que j’ai compris que chaque être humain doit entreprendre sa propre odyssée.

Pour ma part, j’ai ressenti très jeune la vulnérabilité dans ma chair. Lorsque j’ai retrouvé l’usage de mes jambes, j’ai regardé ce fameux cahier, rangé négligemment dans la caisse aux vieux papiers et lettres d’amour sous mon lit d’adolescent, et j’ai pris cette résolution : tant que je serai en vie, je continuerai à battre le fer quand il est chaud et, en fin de compte, j’accomplirai tous mes rêves.

Oui, tous les rêves : petits, grands, même irréels. Réalistes et chimériques, avoués et secrets, honorables et puérils, ordinaires et audacieux, personnels et familiaux, locaux et universels… J’ai décidé que rien ne se mettrait en travers de ma route : ni l’incrédulité de mon entourage, ni les contraintes économiques, ni les réponses négatives que je recevrais de qui que ce soit. Or, j’ai déjà eu mon lot de rebuffades. Et je suis sûr que c’est aussi votre cas.

J’ai donc décidé de vivre

chaque jour comme si c’était

le dernier de ma vie.

Et j’apposerai un √ sur chaque point

de ma liste infinie.

D’ailleurs, j’ai déjà coché la plupart de mes vœux.

✔ J’ai rencontré ma première compagne aussitôt après ma guérison (et, bien sûr, j’ai enfin connu l’expérience de mon premier baiser amoureux).

✔ Juste avant mon appel sous les drapeaux, j’ai eu le temps de visiter Londres avec ma grand-mère et mon grand-père (ce fut l’un de mes voyages les plus formidables, et tous trois nous regardons souvent les photos de cette escapade avec plaisir).

✔ J’ai passé mon bac option « art dramatique » (j’incarnais un soldat handicapé, et j’ai obtenu la note de 100/100, parce que j’étais exceptionnellement doué dans ce rôle. Si seulement les examinateurs avaient su les raisons réelles de cette expérience et de ce qui m’avait inspiré…).

✔ Après mes études de théâtre, j’ai joué dans une comédie musicale intitulée Salah Shabbati, au côté du célèbre acteur comique israélien Zéev Révah.

✔ J’ai commencé à travailler comme journaliste dans un périodique régional, Holon Bat-Yam.

✔ Je me suis acheté un ordinateur avec mon premier salaire de journaliste (à cette époque-là, un ordinateur était hors de prix).

✔ Et, enfin, je me suis promené sur la Grande Muraille de Chine.

Cette période du « cadeau » de ma vie m’a offert une multitude de faveurs. Dans cet ouvrage, j’ai bon espoir de distribuer ces dons autour de moi.

Dans ces pages, j’aimerais vous emmener dans une aventure intellectuelle et intime, sans que vous ayez besoin d’affronter un épisode aussi dramatique que le mien ou de passer ne serait-ce qu’une minute dans un fauteuil roulant. Je souhaite que l’odyssée de « La Liste » que j’ai entreprise au cours de ces vingt dernières années vous inspire et vous familiarise avec le mode de vie qui m’a aidé, comme beaucoup d’autres, à réaliser mes rêves.

✔

Ce livre n’a pas la prétention d’être un ouvrage de « spiritualité », bien que j’aie foi en notre capacité à créer notre propre réalité ex nihilo.

Son unique ambition est de vous proposer une sorte de guide pratique qui vous racontera l’histoire de l’accomplissement personnel de milliers d’individus qui se sont mis en tête d’établir, eux aussi, des listes. Individus que j’ai rencontrés au hasard de mes pérégrinations à travers le monde et par le biais des réseaux sociaux dont, en premier lieu, Facebook. J’ai choisi de ne pas inclure des chiffres, des preuves et des recherches témoignant de l’influence d’Internet et de la puissance de la Toile. Ces données sont en accès libre sur Internet et dans la presse, et on peut toujours les retrouver sur Google. De même, on peut recueillir une masse d’informations sur le pouvoir du Net dans l’ouvrage merveilleux de Randi Zuckerberg (elle-même, l’une des fondatrices de Facebook et personnage important des médias), En route pour nulle part (en hébreu, aux éditions Yediot Books), contenant un nombre infini d’exemples et de données sur ce sujet.

Dans mon livre, vous découvrirez surtout des anecdotes à même de vous inspirer et de nombreuses expériences que j’ai accumulées pendant mon entreprise de « La Liste », tout au long de quatre ans, et de quelque 5 000 notes envoyées par des correspondants d’un peu partout dans le monde.

Je vous invite à balayer tous les obstacles, les craintes, les idées préconçues et les cyniques, à acheter un beau cahier et un stylo (nous nous en servirons par la suite) et à commencer avec moi le périple de votre « liste » personnelle.

Vous pouvez griffonner au dos de votre cahier, y consigner des citations et rédiger des listes et des notes à l’emplacement prévu (et même ailleurs).

Je gage que ce livre vous insufflera l’audace et le courage de suivre les élans de votre cœur et des rêves que vous voulez réaliser.

Inspiré par cet exemple, vous ouvrirez peut-être un blog sur le Net ; vous commencerez sans doute à utiliser vos réseaux sociaux de manière plus efficace au lieu de vous contenter d’y publier des photos de desserts débordant de crème Chantilly ou des critiques dérisoires sur la fin redoutée et trop précoce du week-end… Vous vous piquerez peut-être au jeu des listes et vous déciderez – qui sait ? – d’effectuer une conversion professionnelle ou de prendre une année sabbatique pour parcourir le monde.

Et, bien sûr, j’ai bon espoir que, à la fin de votre lecture (et même, un peu avant), vous soyez déjà en route pour réaliser un rêve au moins, si ce n’est davantage, de votre propre liste.

Du fait même d’acquérir cet ouvrage, d’y consacrer une partie de votre temps précieux, de vous accorder quelques minutes de réflexion et de les investir à votre profit, vous êtes déjà sur la voie de votre accomplissement personnel. Ainsi, vous vous offrez un magnifique cadeau.

Carte

d’identité

À l’heure où j’écris ces lignes, j’ai 37 ans, je réside dans le centre de Tel-Aviv en Israël et je suis le père de deux filles : la merveilleuse Shira, 5 ans et demi, et mon tout nouveau-né, Noga, au sourire ravageur. Cela fait vingt ans que je travaille dans les médias israéliens (aujourd’hui comme intervieweur au quotidien Israël Hayom). J’ai publié deux thrillers devenus des best-sellers, et le troisième doit paraître sous peu. J’ai joué dans plus de 500 épisodes de séries télé populaires israéliennes (dont Notre chanson, Les Huit, Pyjamas, etc.), de même qu’au théâtre. J’ai animé des émissions de radio. Je dirige deux boutiques de design, un site Internet traitant de la culture et un atelier d’écriture.

J’ai sillonné la planète. Je me suis promené sur la Grande Muraille, j’ai contemplé une aurore boréale, j’ai erré à travers les favelas du Brésil et gravi toutes les marches jusqu’au sommet de la tour Eiffel. J’ai dîné avec Bruce Willis, déjeuné au domicile de Juliette Binoche, pris un selfie avec Jason Alexander (au cours d’un repas en faveur de la paix au Proche-Orient) et j’ai interviewé le haut du panier des célébrités hollywoodiennes, de Meryl Streep à Leonardo DiCaprio. J’ai visité des châteaux, des palais et des résidences d’été, et j’ai été l’hôte de personnages riches et influents à travers le monde : et j’en passe.

Je peux ajouter d’autres succès, grands ou mineurs, non pour « frimer », mais juste pour souligner que j’ai pu marquer jusqu’ici d’un « ✔ » victorieux presque tous mes rêves – et je continue à en inscrire d’autres et à les réaliser.

Vous aussi, vous le pouvez.

Cette phrase est tout sauf un slogan. J’ai à ma disposition de nombreux témoignages de personnes qui ont découvert le principe de « La Liste », et dont la vie s’est transformée.

 

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